OCÉANS

On ne cesse de se parler. À notre insu ou délibérément. On sait bien, alors, que c’est à soi que l’on parle. Mais le sait-on quand on s’adresse à un autre ? Quand soudain les mots surgissent et se répandent pour combler la distance qui sépare. Quand derrière les mots prononcés se cachent d’autres mots plus secrets, et que ce sont ces mots-là qui résonnent le plus fort, malgré soi : peurs, reproches, appels, demandes ou prières qui disent à la fois l’impossibilité et le manque, mais aussi l’espoir et le désir.