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SPECTACLE LITTÉRAIRE CRÉATION
BLANCHIE
De et avec Brigitte Haentjens
Brigitte Haentjens a mis en scène Bernard-Marie Koltès et Heiner Müller, Louise Dupré et Sarah Kane. Au sein de sa compagnie, Sibyllines, elle a donné vie scénique à de grandes femmes écrivains : Sylvia Plath dans La Cloche de verre, Ingeborg Bachmann dans Malina, Marguerite Duras dans L’Éden Cinéma, Virginia Woolf dans Vivre. D’une production à l’autre, à travers les œuvres des autres, elle n’a cessé de parler de la venue à l’écriture, de l’accès à la création, de ce qu’il faut de courage et de détermination pour parvenir à dire JE, sans concessions aux désirs des autres.
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| © Angelo Barsetti |
Brigitte Haentjens
© Angelo Barsetti
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Aujourd’hui, dix-sept ans après D’éclats de peines, œuvre inaugurale s’il en est une, elle reprend la parole, aux bien nommées éditions Prise de parole. Un « récit troué » ayant pour titre Blanchie. Un récit autour de l’absence et de la perte. Un récit qui redit que l’autre est à jamais absent et perdu. Nulle étreinte pour le saisir. Nul appareil photo pour le retenir. La narratrice est photographe. Son petit frère s’est tué dans un accident de moto. Il est au cœur de ses photographies : « sujet docile de l’œuvre soumis à la mise en scène ». Elle ne peut évoquer ce frère disparu tant sa gorge se serre. Entre Paris et Berlin, intoxiquée de chagrin comme on l’est d’une drogue dure, elle se donne à un homme, se donne à perte, poursuit son œuvre à elle, va et vient, d’une ville à l’autre, de la France à l’Espagne, du nord vers le sud, et vers l’ouest aussi, vers Montréal, ville où la création, où l’accès à soi, à sa part maudite, seront finalement possibles.
Blanchie à la chaux vive du désir, blanchie de ses fautes, sortie blanchie du scandale d’aimer, de trop aimer, elle saisit la vie, l’empoigne ardemment, s’y accroche comme une noyée, et la saisit également en images. Mais les images pourront-elles jamais témoigner de l’intensité de la vie? La vie pourra-t-elle jamais se déployer « sur un mur blanc » sans se délaver, sans passer « au blanc »? Certes. Brigitte Haentjens en fournit la preuve dans ce récit fait de « clichés alignés comme des perles blanches », autant de clichés photographiques qui captent la chair et le sang, les élans du cœur et du corps. En dialogue avec les magnifiques photos d’Angelo Barsetti, Brigitte Haentjens se met en scène et en danger, et lit Blanchie.
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ANGELO BARSETTI
Photographe et concepteur d’images publicitaires pour plusieurs compagnies de théâtre, Angelo Barsetti a développé des liens particuliers avec la metteure en scène Brigitte Haentjens et sa compagnie Sibyllines. Ainsi, depuis dix ans, a-t-il signé des images à tout jamais inscrites dans notre mémoire de spectateur : Céline Bonnier, gantée de noir, lèvres peintes, prisonnière des apparences pour La Cloche de verre, Roy Dupuis, ensanglanté, acculé au coin d’une pièce pour Blasté. Atypiques et troublantes, les photos d’Angelo Barsetti auscultent les corps souffrants, languissants ou exultants, révèlent les recoins secrets, tapis sous la chair, la part mystérieuse et même taboue d’hommes et de femmes fragiles. Artiste à part entière, il réalise aussi des projets personnels, dont la collaboration avec Brigitte Haentjens sur Blanchie témoigne éloquemment.
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Idée originale, texte et conception du spectacle
Brigitte Haentjens
Lectrice
Brigitte Haentjens
Photographies et direction visuelle
Angelo Barsetti
Musique
Joseph Marchand (guitare)
Mise en mouvement
Suzanne Trépanier
Éclairages
Étienne Boucher
Production
FIL 2008
Une présentation du
14e Festival International de la Littérature (FIL) en collaboration avec le Studio littéraire de la Place des Arts

Mardi 23 septembre, à 20 h 30
Cinquième Salle de la Place des Arts

28 $ / 18 $ (étudiants) taxes et redevances comprises
Ce spectacle sera suivi d’une rencontre avec Brigitte Haentjens animée par Jean Fugère.
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