23 septembre
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24 septembre
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SPECTACLE LITTÉRAIRE – CRÉATION

WALSER

Vénéré de son vivant par Franz Kafka, Robert Musil et Walter Benjamin, l’écrivain suisse allemand Robert Walser (1878-1956) fut interné, tel Hölderlin, pendant toute la seconde moitié de sa vie et suspecté, comme lui, de simuler la schizophrénie, avant de connaître une mort littéraire, préfigurée dans l’un de ses romans, en s’effondrant dans la neige un jour de Noël. L’auteur des Enfants Tanner, de L’Institut Benjamenta et de La Promenade fit de l’échec le principe même de sa vie d’écrivain. Il plaça au centre de tous ses romans des héros subalternes, commis, serviteurs et autres hommes à tout faire, et c’est toujours dans la perspective de ces figures dominées que se déploie l’univers de ses écrits, celui de la société du début du 20e siècle et des rapports de force qui la structurent, aussi bien dans le travail que dans l’univers domestique. Walser exerça lui-même les métiers subalternes qui occupent ses personnages, avec la même instabilité, abandonnant ses employeurs au bout de quelques semaines. En perpétuel déménagement, de mansarde en chambre d’hôtel, il vécut dans un constant dénuement et revêtit souvent l’accoutrement d’un vagabond. Lorsqu’il reçut un prix littéraire sur la recommandation de Hermann Hesse, il s’abstint même d’en retirer le montant!

Renaud Lacelle-Bourdon

Pier Paquette

À travers un montage de textes puisant à même toute l’œuvre de Robert Walser, les comédiens Renaud Lacelle-Bourdon, qui incendia de sa présence la pièce Vincent River de Philip Ridley au Quat’Sous et les créations chorégraphiques de Dave St-Pierre, et Pier Paquette, qu’on a pu voir la saison dernière dans Ce qui meurt en dernier de Normand Chaurette à GO et dans Pi…?, la plus récente création des Éternels Pigistes à La Licorne, créent un dialogue entre deux âges de cet homme ambivalent. En effet, taciturne ou au contraire intarissable en société, peu conforme à l’image du poète délicat (il était rougeaud, d’imposante stature, doté d’un appétit hors normes, grand buveur et violent), Robert Walser ne tarda pas à se voir exclu des cercles culturels dans lesquels il ne se sentait pas à sa place.

Dans une mise en scène signée Catherine Vidal, ce montage touche à l’essence même de l’œuvre de Walser en brouillant les frontières entre les genres, en fragmentant les romans en petits textes à l’ordre apparemment aléatoire, en privilégiant des héros énigmatiques, hésitant entre passivité et sarcasme, et qui tous sont les héros d’un roman d’apprentissage… à la différence, de taille, qu’ils n’apprennent rien! 


Idée originale
Renaud Lacelle-Bourdon

Montage des textes de
Robert Walser Catherine Vidal, Renaud Lacelle-Bourdon

Catherine Vidal

Mise en scène 
Catherine Vidal

Interprètes 
Renaud Lacelle-Bourdon, Pier Paquette

Musique 
Christophe Papadimitriou (contrebasse)

Éclairages 
Alexandre Pilon-Guay

Conseillère dramaturgique
Andrée Lacelle

Conseillère en scénographie
Angela Vaags

Nos remerciements particuliers à Stéphane Lépine

Production
FIL 2008

Une présentation du
14e Festival international de la littérature (FIL) en collaboration avec le Goethe-Institut Montréal


Mardi 23 septembre et mercredi 24 septembre, à 19 h
Au Goethe-Institut Montréal



22 $ / 18 $ (étudiants) – taxes redevances incluses


POUR TOUT SAVOIR SUR ROBERT WALSER !
Pour « tout savoir sur Robert Walser », il suffit de s’adresser à Stéphane Lépine, ce grand érudit souvent qualifié de « véritable bibliothèque ambulante », qui poursuit depuis 2003, en parallèle de toutes ses autres nombreuses activités montréalaises, ses études, travaux et recherches en Allemagne.

Au cours du FIL, il nous propose deux rencontres publiques au Goethe-Institut à l’occasion de la présentation du Walser soit une introduction à l’œuvre de l’auteur des Enfants Tanner le mardi 23 septembre à 17 h30 (avant le spectacle) et une discussion publique avec l’équipe du spectacle le mercredi 24 septembre après la représentation.