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UN ACTEUR, UN TEXTE
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Il a suffi d’un seul film, le si beau et si touchant Emporte-moi de Léa Pool sur un scénario coécrit avec Nancy Huston, pour que Karine Vanasse s’inscrive à tout jamais dans notre mémoire rétinienne. Depuis, Un homme et son péché de Charles Binamé, Sans elle de Jean Beaudin, Marie-Antoinette d’Yves Simoneau et Francis Leclerc, Ma fille mon ange d’Alexis Durand-Brault n’ont fait que confirmer qu’elle est une comédienne rare, à la fois frémissante et fragile, forte et frondeuse. Avant la sortie du film Polytechnique de Denis Villeneuve, un projet qui lui tient infiniment à cœur, Karine Vanasse inaugure les Midis littéraires 2008 et partage avec nous trois passions récentes : d’abord pour les œuvres de deux jeunes écrivains dont nous entendrons les textes pour l’une des toutes premières fois, Thuy et Jean-Philippe Payette, également membre du groupe alternatif Esker Mica, qui lançait un premier album le printemps dernier, TNT / Conifères, puis pour ce magnifique roman de Maxence Fermine qu’est Neige, l’histoire d’un jeune auteur d’haïkus écrite dans une prose limpide et enchanteresse qui n’est sans rappeler celle de Soie d’Alessandro Baricco.
Des comédiens comme Benoît McGinnis, le Québec n’en a engendré que bien peu! En quelques années seulement, au théâtre, à la télévision dans Les Hauts et les Bas de Sophie Paquin et au cinéma dans les films de Sébastien Rose, il a imposé une présence, une fièvre, une fougue, une passion, une incandescence exceptionnelles. Ceux et celles qui l’ont vu la saison dernière dans Le Vrai Monde? de Michel Tremblay à la Compagnie Jean-Duceppe et dans Le Fou de Dieu de Stéphane Brulotte à la Cinquième Salle de la Place des Arts sont là pour en témoigner. Mais c’est aujourd’hui l’œuvre de Serge Boucher qu’il souhaite porter, transmettre et partager. Lui qui fut de la distribution de Avec Norm au Théâtre d’Aujourd’hui et de Là chez Duceppe a réussi à convaincre l’auteur de Motel Hélène et de 24 poses (portraits) de laisser sortir de ses tiroirs quelques-unes de ses proses inédites. On savait Serge Boucher grand auteur de théâtre, observateur lucide et compatissant de la détresse et de l’enchantement, grâce à Benoît McGinnis, son talent de prosateur nous est maintenant révélé.
Au cours de la saison 2006-2007, elle a incarné deux personnages immenses du répertoire : Elena dans Oncle Vania et Arkadina dans La Mouette, deux pièces d’Anton Tchekhov mises en scène par celui qui tant de fois lui a confié de grands rôles, son ami Yves Desgagnés. En septembre 2007, elle participait au FIL à la grande lecture chorale de Parents et amis sont invités à y assister de Hervé Bouchard. Puissamment sensuelle chez Tennessee Williams (La Chatte sur un toit brûlant) et Arthur Miller (Après la chute), bouleversante en femme brisée chez Serge Boucher (Motel Hélène est encore inscrit au fer rouge dans les mémoires des spectateurs), Maude Guérin prête aujourd’hui sa voix chaude à la porte-parole du FIL depuis plusieurs années, Chrystine Brouillet, dont elle incarnait déjà l’enquêteuse Maud Graham dans le film de Jean Beaudin Le Collectionneur. Sans nous en dévoiler l’intrigue, elle nous livre quelques pages du plus récent opus de Chrystine Brouillet, Silence de mort, et puise à même ses Pense-bêtes, ces fables qui sont « comme un parfum qui nous rappelle notre enfance ».
Quiconque a vu au FIL Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent se souvient du duo enflammé de Francis Ducharme avec Clara Furey et de la manière avec laquelle ce jeune acteur et danseur incarne la poésie avec tout son corps, toute son âme et tout son esprit. Toujours brûlant, jamais nonchalant, Francis Ducharme fut une étoile de Grande Ourse et on le verra bientôt dans la version cinéma de cette télésérie marquante; il a joué au cinéma dans CRAZY et La Capture de Carole Laure; au théâtre dans Le Traitement de Martin Crimp, qui remportait le Masque de la Meilleure Production Montréal; il s’est jeté à corps perdu dans La Pornographie des âmes et Un peu de tendresse bordel de merde de Dave St-Pierre, et sera de La Charge de l’orignal épormyable de Gauvreau, présentée au TNM plus tard cette saison. Toujours à vif, jamais tiède, Francis Ducharme lit des extraits du journal intime de Kurt Cobain et un poème de Geneviève Desrosiers (deux poètes morts trop jeunes), une chanson de Clara Furey et une nouvelle de Marie-Hélène Poitras. |