UN ACTEUR, UN TEXTE
LES MIDIS LITTÉRAIRES

5 rendez-vous littéraires à l’heure du lunch
5 écritures actuelles
10 artistes qui croient au pouvoir de la parole et des mots

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ROBERT LALONDE
lit Mailloux, histoires de novembre et
de juin
racontées par
Hervé Bouchard,
citoyen de Jonquière
(Le Quartanier)
BRIGITTE HAENTJENS
lit Un vent se lève
qui éparpille
de Jean Marc Dalpé
(Prise de parole)
ALEXIS MARTIN
lit Guerre et Paix
de Léon Tolstoï
MARIE-THÉRÈSE FORTIN
lit Crimes horticoles
de Mélanie Vincelette
(Éditions Leméac)
PATRICE COQUEREAU
lit Un merveilleux
malheur
de Boris Cyrulnik
(Éditions Odile Jacob)

Affinités électives

Affinité, proximité, voisinage, parenté par alliance. Affinité naturelle d’idées, affinité spirituelle, affinité de caractères. Lien de conformité, de ressemblance, de sympathie; harmonie de goûts, de sentiments, de styles. Accord, attirance, inclination, sympathie. « Certains rêves de tendresse partagée, toujours flottants en nous, s’allient volontiers, par une sorte d’affinité, au souvenir d’une femme avec qui nous avons eu du plaisir », écrit Marcel Proust dans La recherche. Ainsi en est-il de tous les lecteurs, qui ont éprouvé et éprouvent encore du plaisir à lire certains écrivains, qui ont développé des amours secrètes ou partagées, des affinités conscientes ou non, incontrôlables ou innommées, chromosomiques ou parfois même honteuses, qui ont une immense tendresse pour certains auteurs, certaines œuvres mais pas pour d’autres. Les affinités que tous nous entretenons pour un auteur ou envers celui-ci ont souvent quelque chose d’indéfinissable. Pourquoi aime-t-on Goethe ou Rilke ? Proust ou Zola ? Tabucchi ou Leopardi ? Philip Roth ou William Faulkner ? Régine Robin ou Monique LaRue ? Pourquoi Robert Lalonde, Brigitte Haentjens, Alexis Martin, Marie-Thérèse Fortin et Patrice Coquereau ont-ils choisi de lire pour nous Hervé Bouchard, Jean Marc Dalpé, Léon Tolstoï, Mélanie Vincelette et Boris Cyrulnik ? Parce qu’il en est ainsi. Parce qu’il ne saurait être autrement. Cela s’impose. Cela est inexplicable, irraisonné, mais impérieux. Il s’agit là d’affinités électives.

Stéphane Lépine
Directeur artistique de la série Les midis littéraires



© Dominique Thibodeau


Lundi 17 septembre

ROBERT LALONDE
lit Mailloux, histoires de novembre et
de juin
racontées par
Hervé Bouchard,
citoyen de Jonquière
(Le Quartanier)

« J’ai été Jacques Mailloux, comédien de naissance, enfant sans drame, dehors tout le temps. Raconte. » Et c’est ce qu’il fait, Mailloux : il se raconte, il raconte des histoires d’enfance et d’adulterie, des histoires de toutes les saisons et de tous les âges, des histoires à n’en plus finir. Le premier roman d’Hervé Bouchard met en scène la cohorte insensée des figures qui peuplent la mémoire et l’histoire d’un enfant. Au gré de tonalités diverses, passant du réalisme au symbolique, du pathétique au grotesque, de l’allégorie au mélodrame, le narrateur fait jaillir un florilège de récits, de noms, de situations, mais aussi, et peut-être même surtout, une langue, un style, un ton, un imaginaire et un rythme qui insufflent un élan neuf à la littérature québécoise. Comédien et écrivain, Robert Lalonde publiait au printemps Espèces en voie de disparition (Éditions du Boréal); littéralement enchanté par la prose d’Hervé Bouchard, il partage avec nous son émerveillement.



Mardi 18 septembre

BRIGITTE HAENTJENS
lit Un vent se lève
qui éparpille
de Jean Marc Dalpé
(Prise de parole)

C’est l’histoire de Marie, dont le drame nous est lentement révélé à travers le regard de trois personnes qui l’ont connue et aimée. C’est une histoire de passion, de désir, de trahison et d’abandon, racontée dans une langue rocailleuse et somptueuse, un français métissé d’anglais, par une polyphonie de voix emmêlées et entêtées, qui toutes sont emportées par ce vent qui éparpille. Tour à tour décrit comme le Michel Tremblay, le John Steinbeck, voire le William Faulkner franco-ontarien, Jean Marc Dalpé a obtenu avec ce premier roman, paru en 2000, le Prix du Gouverneur général ainsi que le Prix Champlain. Brigitte Haentjens en lit des extraits; elle qui a si souvent porté à la scène les pièces de Dalpé, que ce soit
Le chien ou Eddy; elle qui a mis en scène tant de figures d’écrivains, que ce soit Ingeborg Bachmann (Malina), Sylvia Plath (La cloche de verre) ou Virginia Woolf (Vivre); Brigitte Haentjens, son amie.

© Stéphane Dumais

Mercredi 19 septembre

ALEXIS MARTIN
lit Guerre et Paix
de Léon Tolstoï


Alexis Martin, le maître d’œuvre de l’Iliade, présenté en ouverture de saison au TNM, lit quelques pages de Guerre et Paix. Faut-il s’en étonner ? N’y a-t-il pas des liens tragiques et d’une toujours inquiétante pertinence entre le récit d’Homère et l’immense roman de Léon Tolstoï ? Entre ces deux œuvres et notre monde actuel déchiré ? Et faut-il s’en étonner si Alexis Martin, l’acteur de théâtre et de cinéma, qui a joué Réjean Ducharme et Thomas Bernhard, qui a participé à des films aussi divers que Les Boys III et Un 32 août sur terre, si le codirecteur du Nouveau Théâtre expérimental, celui-là même qui a déjà adapté le Râmâyana, l’Odyssée et aujourd’hui l’Iliade, porte son choix sur ce grand roman épique et inscrit dans l’Histoire ? Préoccupé par la généalogie et la transmission, par ce qui « se passe » d’une génération à l’autre, Alexis Martin, à la fois comédien, auteur et metteur en scène, n’a cessé au cours des dernières années d’ouvrir les placards de l’Histoire, que ce soit dans son Hitler ou dans TRANSIT - section no 20, pour mieux éclairer notre présent et nous le rendre plus lisible...



© Érik Labbé

Jeudi 20 septembre

MARIE-THÉRÈSE FORTIN
lit Crimes horticoles
de Mélanie Vincelette
(Éditions Leméac)

Une bonne fée s’est penchée avec amour sur le berceau de Mélanie Vincelette ! La jeune directrice des Éditions Marchand de feuilles et la rédactrice en chef de la revue Zinc est l’auteure de Petites géographies orientales et de Qui a tué Magellan ?, un recueil de nouvelles pour lequel elle a reçu le prix Adrienne-Choquette en 2005. Elle a de plus été la lauréate du Prix du jeune écrivain francophone 2003 pour son récit Chinook, du premier prix (catégorie récit) des Prix littéraires Radio-Canada 2006 pour son récit Guardalavaca et obtenait plus tôt cette année le prix Anne-Hébert 2007 pour son premier roman, Crimes horticoles. Qui trouvait-on parmi les membres du jury ? Jean Marc Dalpé, également présent aux Midis littéraires cette année. Et qui lira des passages de ces Crimes horticoles ? L’interprète d’Élizabeth 1re cette saison au TNM et la directrice artistique du Théâtre d’Aujourd’hui, une femme de cœur : Marie-Thérèse Fortin.

© Julie D’Amour-Léger

Vendredi 21 septembre

PATRICE COQUEREAU
lit Un merveilleux
malheur
de Boris Cyrulnik
(Éditions Odile Jacob)

Rien de ce qui est humain ne lui échappe. En particulier la souffrance. Pour le bon docteur Cyrulnik, elle n’est pas une fatalité. Elle peut même devenir un « merveilleux malheur ». L’âme humaine n’est pas pour lui mauvaise, mais tout simplement malade : on peut la soigner. Toujours Boris Cyrulnik prend le parti des faibles et des abandonnés. Il rappelle qu’une amélioration est toujours possible, puisque, chez l’homme, la fatalité n’existe pas et que
« vivre, c’est prendre un risque ». Habitué à nous faire rire, que ce soit à la télé dans Rumeurs et dans Le cœur a ses raisons ou au théâtre dans Le malade imaginaire au TNM ou dans le rôle du Logicien dans Rhinocéros d’Ionesco au Théâtre Denise-Pelletier, Patrice Coquereau nous invite à la réflexion et à la compassion, et lit quelques pages de cet essai tonifiant sur le passé toujours présent et sur la possibilité d’y échapper, pour mieux se reconstruire une nouvelle vie.


Du lundi 17 septembre au 21 septembre, de 12 h 10 à 12 h 50
8$ / 5$ (étudiants) - taxes et redevances incluses
Abonnement: À l’achat de la série de 5 représentations, réduction de 20%
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 Casse-croûte du Café-bistro Van Houtte également en vente sur place.